jeudi 28 août 2025

BQN n°2 - Page 13 : 'Invisible à soi-même', 'La route des vacances - C.D de la série poegraphics 2006' de CARLA DIRATZ, poète, musicienne et chanteuse. - La photo 'Carla & le tambourin' est de Edgar Moroni .- Illustrations musicales : 'Incarnation' de Carla Diratz & Baïka, 'Sand' Carla Diratz with Baïkal, 'Do Something' (Live 2023 Carla Diratz), 'The Nature of a Child' (The Scale - 2021) & 'Free Delivery' (Blue Stitches - 2024) de/par Carla Diratz & The Archers of Sorrow. Première diffusion le 16.12.2024. - 66 & 116.

Invisible à soi-même,
plier, ranger
tour à tour
tous les atours,
les attributs,
le vrai,
le faux,
les craintes,
les allers et retours,
la rancœur,
la stupeur.
Se rendre,
armes et bagages,
se rendre à l'évidence,
sans s'échouer
sur quelque illusoire rivage,
ne pas être là,
pour être ici seulement.

Faire sauter,
un à un,
les boutons-pression,
les estimations,
les carcans,
les avants,
les demains,
et qu'il ne reste rien
sur la peau,
sous la peau,
dans les vaisseaux,
que la fragrance
d'une innocente fleur de vertu,
le parfum de la Grâce,
l'odeur de sainteté,
flottant,
invisible,
et naviguant à vue.

Carla Diratz
(écriture semi-automatique d'après image)




Je vais écrire, ce jour, peu de choses au sujet des deux albums reçus, ce matin, de Carla Diratz & The Archers of Sorrow, préférant pour mieux vous renseigner approfondir mes recherches. À son actif, la Dame a au moins 4 opus, mais certainement plus, dont les deux derniers avec un groupe de musiciens The Archers of Sorrow (les Archers du Chagrin)...

LE CHAGRIN - étude 3

Le mot "chagrin"
regorge 
d'eau
douce,salée pourtant...

On dirait bien ici que
le mot "chagrin"
perd les eaux,
prend ses aises,
s'étend
sur les coeurs gros mais
NON c'est une eau
de barrage
RETENUE
profonde
puissante alors
OUI c'est bien 
dans "chagrin"
qu'est la plus
sûre et
certaine
noyade

il faut donc
bel et bien,
le rayer de la carte
ou et 
bien 
innocemment
brouiller les cartes
le noyer pour un temps

Je tiens, ici, en premier lieu à donner ce poème qui est l'avant dernier titre de l'album The Scale (2021), Carla Diratz le récite, plus qu'elle le chante, mais la mélodie n'est pas loin, sur un accompagnement, à la fois sobre et free d'un piano, que viennent sur quelques instants compléter des bidouillages sonores abrasifs ; alors, voilà, qui est clair pour moi, nous avons à faire à une poétesse qui s'accomplie dans sa musique dont l'aboutissement est le chant de par sa voix gravement sensuelle.

Sur les deux albums, le second étant Blue Stitches (2024) les titres s'enchainent, tour à tour des chansons, des incantations, des poèmes déclamés et toujours accompagnés musicalement par The Archers of Sorrow dont on peut dire que c'est un groupe à géométrie variable selon les compositions, au style inclassable qui oscille entre rock expérimental, je réfute le terme progressif, jazz contemporain parfois free, visiblement aussi des improvisations lumineuses, encore aussi avec un feeling qui me semble, au final, très blues ; peut-être après tout que c'est cela le blues des chagrins du siècle 21 ? Mais je compte bien y revenir à ce sujet et d'autres, avec, je l'espère l'intéressée, La Dame Carla Diratz.

À suivre...

Chl'Edziré.


lundi 25 août 2025

BQN n°7 - Page 12 : "Le cri du fou sur l'asphate" poème & photo de Carla Diratz : Illustration musicale : "Joe & Jeff" de Carla Diratz & Baïkal.


Sa langue se délie
une langue qui s'emballe
qu'il avale
ni une ni deux
ni sept fois dans sa bouche
là sous le palais grince
bon prince miraculé
le goût de l'infâme
gras double !
gras double !
gras double !
il le criera autant de fois
qu'il le faudra
et aussi dans la bouche
une carte mâchouillée,
décolorée, miserere kyrie
la carte du mat, zéro nu,
comme un roi nu, destitué,
impudeur brillante
jean-qui-pleure et jean-qui-rit
ne peut marcher droit
entre les pièges à loups
non il ne le peut pas
miserere kyrie
diable de chiens
chiens du diable
à ses chevilles
l'attrapent, le serrent, le mordent
son corps tordu
ses os, sa chair vermouloue,
penchés
au-dessus du delta
entre mer d'encre et fleuve boueux
ses mots tordus,
des crachats de caillasse
sous ses genoux
à genoux !
à genoux !
à genoux !
il le criera autant de fois qu'il le faudra
à l'arrêt de tous les Enfants-du-Calvaire
où l'abandon l'a vu naître
à grands cris,
à grands « nom de dieu ! »
à grandes eaux de bénitiers vides
fou, et rageusement
il erre
du banc du condamné
au banc de l'accusateur
et retour à l'envoyeur
accusé lève-toi et marche !
miserere kyrie
Amen !
Amen !
Amen !
à en mourir autant de fois qu'il le faudra.
"Le cri du fou sur l'asphalte".

BQN n°7 - Page 11 : "Don't be afraid, it's just emptiness" (2025) 70 x 50 cm, Oil on plate behind glass d'Old Dark de ? .- Illustration musicale : "Le pont" de Gérard Manset.